Dernière mise à jour de la section: 29 juin 2003

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De la revue Mainmise (déc 1974)

La Relève se donne pour objectif de servir d'agent de liaison entre les propriétaires de boîtes à chansons, petits cabarets ou salles de spectacle d'une part, et d'autre part les différents groupes, chanteurs, gens de spectacle qui, peu connus encore du grand public, ont toujours des difficultés à trouver des locaux pour se produire. Le grand Show-bénéfice organisé ce soir-là était destiné à réunir les fonds nécessaires pour mettre sur pied un secrétariat d'organisation.

A sept heures du soir, le groupe NEBU s'installait sur la scène, devant une salle presque vide. En un quart d'heure cependant, comme sous l'effet de la douceur de leur musique, la salle s'était remplie sans que personne ne s'en aperçoive. Excellent pour une introduction, le calme s'installait un peu (trop?) avec UNGAVA, un groupe de Québec surgi à l'improviste trop tôt dans la soirée, qui se retirait rapidement, desservi par des circonstances certainement indépendantes de leur qualité. PAUL GARRAND, un jeune qui risque de faire une bonne carrière dans le folklore anthologique de qualité douteuse, assurait la transition avec un des chefs-d'oeuvres de la soirée, les MIMES ELECTRIQUES, toujours égaux à eux-mêmes, c'est à dire étonnants (je ne vous en dit pas plus, allez les voir!). PLUME ET CASSONADE apportaient ensuite un très bon moment d'humour que je qualifierai sans aucune péjorativité de "bonne humour de bécosses"... Succédait ensuite PIERRE LENOIR, avec du blues, du rock n' roll et autres musiques des années trentes, avec aussi une imitation très remarquée des bruits de friture d'une tranche de bacon... Forçant un peu le trip, notamment dans un pastiche assez réussi de Billy Graham, il amenait la foule à un orgasme un peu prématuré, déséquilibrant ainsi une soirée déjà délicate à conduire.

A partir de là commençait en effet une descente forcée du climat de la soirée où RAYNALD BOUCHARD passa presque inaperçu, mal à l'aise dans une programmation où il s'intégrait difficilement. Le groupe BEAU DOMMAGE, qui semble avoir le potentiel de faire de la très bonne musique, déclenchait un enthousiasme juste mérité, et CAPTAIN NO, un chanteur paradoxalement plus à l'aise dans les monologues que dans les chansons, commençait à vider la salle par la longueur de ses interventions, malgré quelques bons moments comme son morceau final, joué en collaboration avec Beau dommage revenu sur la scène. Le dernier passage, "LA BIBITE A ROCHE", arrivait à point pour terminer une soirée que sept heures de musique avait un peu alourdie. Du "théâtre acide" style Grateful Dead, qui embarquait fortement les quelques 150 personnes encore présentes à cette heure avancée. "L'organisation" n'avait semble-t-il consisté qu'à réserver la salle et donner rendez-vous au monde, ce qui se traduisait par une rage inhabituelle des musiciens contre un système de son qui était pourtant d'assez bonne qualité. La vente des sandwiches était une nouveauté appréciable, bien que l'idée de les remplir avec de la viande et de la mayonnaise Blue Bonnet ait paru un peu cruelle à ceux que les fumées du pot rendaient plus sensibles... La soirée était un beau gros trip, même si une foule de petits détails empêchaient d'atteindre le point d'excellence. A quatre heures du matin, la rue Amherst était en feu. Le grandiose était là, comme un point final... ~

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